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Réemploi, Recyclage. Quelle seconde vie pour les ordinateurs ?

« Il faut créer d’urgence des filières massives de recyclage d’ordinateurs pour les pays du Sud. J’ai proposé le chiffre de 500 millions d’ordinateurs en cinq ans, dont 500 000 venant d’Europe, pour équiper les écoles. Ce qui manque le plus à l’Afrique et aux pays du Sud, ce sont des ordinateurs, pas de l’argent. L'Afrique attend du concret... ».

Que vous inspirent ces propos tenus par Abdoulaye Wade lors de la conférence de Lyon pour la solidarité numérique (novembre 2008) ?
L’ordinateur constituant l’équipement de base d’une alphabétisation numérique durable, la question de son accessibilité et de son cycle de vie se pose dans les pays les moins avancés (coût, énergie, logiciels, formation, maintenance, recyclage). Dans ce contexte particulier, le réemploi d’ordinateurs provenant du nord représente-il une réelle opportunité de réduire la fracture numérique ? Un matériel réformé étant un futur déchet, comment éviter de transformer ces pays en véritables dépotoirs de déchets électroniques ? Face à l’export illégal de déchets électroniques sous couvert de réemploi informatique, les pays en développement doivent-ils augmenter les taxes douanières pour restreindre ou décourager l’envoi massif d’ordinateurs du Nord vers le Sud ? Ou doivent-ils plutôt favoriser et organiser des filières de seconde main de qualité ?
Quelles filières de réemploi et de recyclage ? Quelles législations, quelles normes, quels engagements ? Quels types de matériels, quels logiciels, quelles formations et quels usages ? Quelle traçabilité, quel traitement pour quelle répartition de responsabilités ?

QUELLE SECONDE VIE POUR LES ORDINATEURS ? Ce débat soulève plusieurs grandes interrogations, de type environnementale et énergétique (empreinte carbone et environnementale du matériel informatique, émission de CO2 liés aux transports des ordinateurs, consommation énergétique à la production d’un pc) des questions d’ordre règlementaire et juridique (convention de Bâle, directive européenne D3E,…) et des questions d’ordre économique (filière d’occasion, activités de reconditionnement, création d’emploi et de formations à travers l’implantation de centres de traitements dans les pays du sud, revente des matières premières…) Identifions ensemble les problèmes et les opportunités liés au réemploi du matériel informatique et à la gestion des déchets électroniques. Formulons ensemble des propositions concrètes pour faire avancer le débat !

Nous ferons intervenir dans ce débat des invités-témoins, tous membres du réseau web2solidarité :
Benoît Varin, Directeur de TIC ETHIC, société de conseil en Développement Durable et TIC spécialisée en recyclage. Auteur du guide « The Entrepreneur's Guide to Computer Recycling » réalisé pour l'UNESCO, l'ADEME
Alexandre Guilluy, Directeur d'Ateliers Sans Frontières
Gilles Berhault, Président de l’Association communication et information pour le développement durable ACIDD et Auteur de l’ouvrage « Développement durable 2.0 : L'internet peut-il sauver la planète ? »
Fabricia Devignes, Chargé de mission ENDA Europe
Laurent Alliod, Gérant de DotRiver, solution logicielle permettant de réutiliser les vieux PC à moindre coût
Fred Bordage, Consultant-Expert en Green IT, Auteur du blog GreenIT.fr
Cheikhou Gassama, Coordinateur du projet e-déchets Sénégal
Alassane Sanou, Responsable environnement, Chargé de mission Recyclage aux « Ateliers du Bocage Ouagadougou» au Burkina-Faso
Inès Temimi, Gérante d'une société tunisienne de reconditionnement de matériel informatique «Collectun services », promouvant l’accès au matériel informatique à prix réduit, l’utilisation des Open Source dans des projets informatiques des écoles tunisiennes

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Réponses à cette discussion

Bonsoir Destiny, bonsoir également à l'équipe des invités-témoins qui ont accepté de se mettre à contribution pour nous éclairer. Je suis Martine Bonny Dikongue, Coordonatrice d'INSER Action Sociale, une association camerounaise, qui œuvre dans les domaines de l'éducation et de l'insertion socioprofessionnelle. En ce moment nous sommes à la recherche de solutions pour intégrer les TIC dans les écoles, ayant buter sur les aspects équipements, nous avons eu la chance d'entrer en contact avec Inès qui nous a fourni des informations qui nous ont permis non seulement de voir les possibilités que peuvent offrir le reconditionnement, mais également les qu'offre ses contraintes
Je n'ai pas encore de questions ni de contribution, mais je voulais juste saluer l'idée de débattre sur ce sujet qui à mon avis aussi, est au centre des préoccupations de la plupart des personnes qui veulent apporter une réponse aux problèmes d'équipements de nos écoles en ordinateurs et autres.
Salut Destiny, et mes salutations vont aussi à ces invités-témoins qui ont accepté de nous éclairer sur ces grandes questions à travers leur contribution.

Il n'y a pas encore dans mon pays autant que je saches d'implantation de projet en ce sens, mais je crois que cela me concerne amplement. Afin d'élargir la question surtout pour ce qui concerne Haïti, j'ai fait a travers des réseau d'amis, collègues, collaborateurs un transfert de l'annonce de ce débat. Selon leur réponse je me ferai un plaisir de vous présenter une synthèse de leur contribution. Je suis de très prêt l'avancée de ce Forum.
Bonjour,
Je suis heureux de voir cette thématique mise sur la table.
J'ai en effet travaillé sur un projet d'étude de faisabilité dans l'objectif de mettre en place un centre de recyclage de matériel informatique à Dakar en 2006.
Je serai donc heureux de participer à ce débat...
Marcel NGUIDJOE
IMPACT SUD asbl
www.impactsud.org
Bonjour Marcel, avez-vous des nouvelles de ce projet de mise en place d'un centre de recyclage de matériel informatique à Dakar ? Avec Impact Sud asbl, vous aviez mené une campagne Boomerang portant sur la problématique des déchets informatiques dans les pays du Sud en 2007. Etait-ce juste une campagne de sensibilisation ou un véritable programme mené par Impact Sud sur la gestion des e-déchets dans les pays du Sud ? Par ailleurs, votre projet "Caravane Solidaire" en Afrique centrale connaît-il des obstacles liés à l'acquisition d'ordinateurs pour équiper les 2 centres numériques que vous prévoyez installer au Cameroun ? Si oui, comment pensez-vous surmonter cette difficulté ? Etes-vous prêts à recourir à des matériels d'occasion ?

Bonjour,


Du côté des îles du Pacifique, tout le matériel est importé depuis l'Asie via des distributeurs basés en Australie. Les parcs installés sont encore assez restreints (faible population et taux d'équipement très faible). Les coûts d'acquisition de matériel neuf sont donc très élevés.

On constate que certains distributeurs commence à proposer, à un coût plus abordable, du matériel d'occasion reconditionné. Théoriquement c'est une réponse attirante. Dans la pratique, on constate bien vite, comme dans le dicton "du pas cher qui coûte cher", que cela est une impasse sauf pour un individuel à des fins d'initiation. Dans notre centre (une trentaine de PC) cela serait ingérable car on réalise vite, à la moindre panne d'une alimentation ou d'une carte mère, ... qu'il est impossible de trouver le modèle qui a été retiré du catalogue des fournisseurs depuis déjà plusieurs années. Par ailleurs, s'il y a de l'excès dans la course au progrès (et un volonté des constructeurs de renouveler constamment leur gamme pour forcer l'achat), il y a aussi des effets positifs à acquérir du matériel neuf. Nous avons enfin réussi à changer tous nos écrans cathodiques pour des écrans plats, certes plus cher, mais notre facture d'électricité a baissé notablement (de même que la température dans la salle de consultation non climatisée et donc un confort meilleur pour les usagers). Dans le cadre du renouvellement de nos UC, nous commençons sérieusement à regarder du côté des PC basse consommation qui pour un coût équivalent à un PC classique, des performances suffisantes pour nos besoins, nous apporteraient des économies sur la facture d'électricité, sur l'acquisition des onduleurs. Et l'option d'une alimentation via panneau solaire devient une solution plus crédible. Il faut faire une analyse du coût global non sur un PC mais sur un réseau complet et, dans cette optique, l'utilisation de matériel reconditionné ne nous paraît pas pertinente.

Dans l'optique de réduire la facture d'acquisition, certains ont suggéré ici que les importateurs se lancent dans l'assemblage, et en suggérant que le Gouvernement devrait appliquer un droit de douane différencié entre les matériels et les pièces détachées de manière à inciter la création de quelques emplois dans le secteur de l'assemblage. Réponse des importateurs : le marché local est encore trop réduit pour rentabiliser la création d'un atelier et la pérennisation des emplois. Dommage mais c'est une piste sûrement jouable dans des grandes villes.

Dans nos achats, nous faisons en fait du semi-assemblage en important des UC "barebones" et les pièces nécessaires. Notre technicien assure la montage. Cela nous permet de réduire nos facture d'achat d'environ 25% par rapport à du matériel livré clé en main. Cela suppose un certain niveau technique, surtout au moment de la commande des pièces, mais au final cela permet d'avoir du matériel performant à un prix abordable. Bref, pour économiser sur le matériel, il faut investir sur la formation des techniciens.

Enfin la question finale du cimetière aux ordinateurs. Ici, tout finit à la décharge publique. Et c'est grave surtout quand on balance dans la nature des écrans cathodiques, .... C'est aussi un gâchis quand on sait la valeur des métaux utilisés dans les circuits. Bien que conscients du problème, soyons francs, nous le faisons aussi. La prise de conscience n'est pas encore assez forte pour lancer une action dans ce domaine. Par ailleurs, le marché est trop petit pour justifier un atelier de valorisation des déchets. Par contre, on pourrait imaginer un système de collecte des déchets. Si une entreprise du Nord (pour nous le Nord est au Sud : australie, nouvelle zélande !) assureait la collecte dans plusieurs pays via les distributeurs (les conteneurs arrivent plein ici mais repartent souvent vides), il y aurait alors possibilité de rentabiliser la valorisation. Bref, on arrive à un système où l'importateur devrait avoir une obligation de participation au recyclage. Cette participation ne serait pas financière (comme dans un principe d'éco-taxe) mais surtout logistique (collecte et réexpédition des déchets informatiques). Cela n'implique pas forcément un surcout pour les distributeurs mais surtout un effort d'organisation et de logistique. Reste à savoir si les Gouvernement seront prêts à imposer cette règle.

SdO
Réemploi, Recyclage. Quelle seconde vie pour les ordinateurs ?
Je salue toute la communauté de Web2solidarité et remercie l'initiateur de ce debat. La question de la seconde vie des ordinateurs nous l'avons abordée il y a 2 ans dans notre association vue les grands changement intervenus dans les entreprises publique congolaise allant des gros systemes au micro ordinateurs et le deversement non filtré des vieux ordinateurs du nord vers le sud en particulier en RDC, nous avons constaté avec regret que des locaux entiers etait disponibilisés pour garder ces equipements electronique sans politique de transformation ni traitement.
Deux idées :
- Eclater les equipement avec risque toxique pour en faire des materiels didactiques dans des ecoles techniques.
- Creer une usine de tranformation pour collecter les contenus riches des ce vieux ordinateurs etant donné qu'un ordinateur contient au moins du plomb 1.7 kg
-mercure 50 g, arsenic 50 g, chrome 50 g, cobalt 50 g, béryllium 50 g, cadmium 50 g
-du plastique 6.35 kg
-or 40 g, argent 40 g, platine 40 g
Cette solution est pour moi celle qui permettrait une consomation effective des ordinateurs apres leurs usage.
Bonjour à tous et à toutes,
C'est vrai que le manque de matériels constituent un des freins. Mais il faut quelques préalables pour des initiatives de grandes envergures.
En premier lieu, il vaut prévoir comment les déchets qui seront issus de ces ordinateurs recyclés seront traités. C'est une préoccupation essentielle.
En deuxième, il ne faut pas des ordinateurs pour des ordinateurs, il faut que cela s'intègre dans un programme ou dans des projets avec des objectifs bien définis. Nous avons des établissements et des services qui disposent de matériels informatiques mais cela n'a pas pour autant changé conséquemment la qualité de leurs activités.
Dans le domaine de l'éducation et surtout de l'enseignement secondaire où j'ai travaillé pendant huit ans, il est important par exemple de former les enseignants, d'élaborer et de mettre en oeuvre des programmes qui préparent les jeunes.
Enfin, il s'agit de réfléchir à l'après d'une telle initiative. Comment nos États devront-ils faire pour qu'une fois ce matériel amorti, ils puissent assurer le renouvellement du parc. Il faut également prendre en compte le volet logiciel et privilégier les logiciels libres et/ou gratuits.

A bientôt
Bonjour,
Juste pour aborder le pb matériel sous l'angle uniquement économique
Nous sommes une ONG qui introduit des ordis au Sud dans le cadre de son activité.
Pour équiper notre centre de formation, nous avons collecté des ordis de seconde main dans des institutions françaises.
Si l'on valorise le temps des bénévoles à démarcher les entreprises, collecter les ordis, les tester (et éventuellement acheminer en déchèterie le matériel défaillant) nettoyer et installer des logiciels libres, stocker le matériel, trouver des solutions de fret, apporter le matériel dans la zone d'embarquement, règler les pb douaniers, acheminer jusqu'au centre d'exploitation ...il est préférable d'acheter un matériel neuf sur place.
Bien sûr il faut des financements pour ce faire. Lorsque c'est possible il est donc préférable d'envisager du matériel de "première vie" pour l'Afrique. Demandez à vos partenaires, ils ne vous diront pas le contraire.
Outre l'aspect économique cela présente d'autres avantages sur lesquels je ne vais pas m'étendre ici.


Du matériel de "première vie" pour l'Afrique. Seriez-vous entrain de dire qu'il faudrait que les africains eux-mêmes devraient fabriquer leurs ordinateurs? En d'autres termes, plutôt que de transférer des ordinateurs "sans notice" (neufs ou de seconde main du Nord vers le Sud), serait-il possible et plus pertinent (en prenant l'exemple de l'Inde) d'envisager que les africains et les autres peuples du Sud apprennent eux-mêmes à fabriquer et à réparer (et non "dépanner") des ordinateurs afin d'éviter de tomber à chaque fois dans le piège de la dépendance technologique?

Peut-être que l'image véhiculée par ce célèbre proverbe chinois "Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours." prendrait tout son sens dans le contexte de ce débat si on remplaçait le poisson par l'ordinateur ?
Bonjour,

Vieux ordinateurs Vieux médicaments, même combat !

On fait le même constat pour les vieux ordinateurs envoyés vers les pays en développement que pour l'envoi de médicaments non utilisés. Celui-ci est maintenant interdit. Le principe semblait bon mais dans la pratique le temps passé à trier les médicaments périmés, les médicaments inadaptés ou inconnus des infirmiers rend l'opération beaucoup moins avantageuse que prévue et présente même des risques.
Bonjour,


e-waste, un question largement discutée dans le monde anglophone.

Le traitement des "e-waste" semble être une question qui fait aussi débat du côté anglophone. Il y a bien sûr le cas de la chine où certains villages sont spécialisés dans le traitements des déchets et c'est un désastre sanitaire . Il y a une démarche heureusement plus raisonnée dans des pays comme l'inde avec un "guide pour les e-déchets" avec des études de cas. Côté afrique, il semble qu'il y ait aussi des actions qui se mettent en place comme chez Sénéclic mais il faudrait voir la mise en place pratique.

Ces quelques études de cas montre tout de même que la récupération des métaux précieux, ... dans les composants informatiques n'est pas sans risque et ne peut se faire, sans danger sanitaire, que dans des unités de production bien contrôlés. Je ne sais pas quels pays du Sud peut mettre en place ce type d'unité. Pour nous, dans les petits états du pacifique, cela paraît peu envisageable et donc il faut imaginer une partenariat entre des unités de traitements du Nord et un système de collecte au Sud avec une responsabilisation des distributeurs de matériels dans l'organisation de la collectes. Ces sociétés existent déjà, par exemple en Australie, on trouve 1800 ewaste. Mais elle facture le ramassage ! (en plus du bénéfice sur la récupération des métaux !). Il faut donc surtout trouver comment organiser la logistique de collecte à un coût minimum : une entreprise spécialisée financée par les distributeurs d'équipement électronique ou une taxe de recyclage sur la vente des équipements neufs (et une surtaxe pour l'importation de matériels usagés) ???? à débattre
Bonjour Sébastien Ornano,

la question de la prise en charge du coût du recyclage est en effet au centre de la problématique sur le traitement des déchets informatiques.
D'une manière générale, comme nous pouvons le constater en Europe, les distributeurs d'équipements électroniques sont les principaux actionnaires des entreprises spécialisées dans le recyclage, et exercent ainsi une forte pression pour la destruction du matériel "en fin de vie", dans le but de péricliter les filières de reconditionnement, pour garder le monopole de la distribution du matériel informatique. Cette pression exercée par les distributeurs sur la filière, habillé d'une conscience écologique et responsable (recyclage dans les normes environnementale) renforce le contrôle des multinationales de l'informatique sur la filière.
Par ailleurs, les normes environnementales au sud étant quasi inexistante, le transfert de matériel en fin de vie permet aux constructeurs de se décharger de la gestion des déchets informatiques, l'idée d'établir une surtaxe au niveau de l'importation des équipements usagés serait un réel moyen de limiter l'envoi de matériel en fin de vie au sud, et d'éviter de faire de ces pays les poubelles électroniques du Nord.

Voici l'entretien réalisé avec Fred Bordage, consultant-expert en Green IT, dans le cadre de notre débat. A travers ses réponses à nos questions, il apporte ici un éclairage sur le traitement et la gestion des déchets électroniques, et propose des solutions pour une meilleure gestion de la filière.



1 - Selon les résultats de votre sondage mis en ligne sur greenIT.fr (63 % de vos lecteurs sont prêts pour acheter du matériel reconditionné sous garantie), pensez-vous que les gros producteurs (Apple, HP, Microsoft) devraient commencer à développer des gammes de produits d'occasion, reconditionnés à bas coût, qui deviendraient un véritable marché ?

Fred Bordage : Oui. Les constructeurs devraient se saisir du marché du matériel reconditionné. Pour trois raisons. La première c'est que cela rassurerait les particuliers et les entreprises qui n'osent pas utiliser du matériel reconditionné. La seconde : cela forcerait les constructeur à aller un cran plus loin dans l'éco-conception de leur produit. Enfin, les constructeurs pourraient passer peu à peu d'un modèle économique de produit à celui de service. Le même PC serait loué le plus longtemps possible à différentes entreprises / particuliers en fonction de leur niveau d'attente. Bien entendu, cette approche n'est pas en phase avec la stratégie actuelle de HP, Dell, Lenovo, etc. qui sont des vendeurs de matériel.


2 - L'enjeu environnemental du réemploi de matériel informatique pour l'équipement des pays du sud réside dans la mise en place d'infrastructures de traitement des e-déchets. Face au faible intérêt des pays du sud pour les questions de développement durable, dans quelle mesure pensez vous qu'il est possible d'éviter que le sud devienne un dépotoir de déchets électriques et électronique du nord ?

Fred Bordage : Je ne suis pas connaisseur des pays du Sud. Mais il me semble indispensable de voter et appliquer des lois locales aussi strictes que les directives européenne (RoHS, WEEE, EuP, etc.) pour interdire les décharges sauvages, la production d'alimentations électriques sous-efficaces, etc.
Les flux de DEEE finissent de toutes façons en Chine, Afrique, etc. Autant éviter le trafic et les pollutions en tentant de développer une filière correctement encadrée.
Peut-être faut-il aussi accepter que des sociétés comme HP ou Dell s'installent dans ces pays pour profiter d'une main d'œuvre bon marché en échange de la mise en place d'un cadre économique et écologique pour le retraitement des DEEE. Ensuite, puisque la majorité des états démissionnent face aux enjeux sanitaires, c'est aux ONG type Greenpeace d'aller vérifier sur place que la filière respecte les normes sociales, sanitaires, et environnementales.

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